Lundi 8 septembre 2008
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Peuple habitant dans la Sierra de Nayarit, au
nord de l'état de Jalisco (Mexique), les Huicholes se rattachent linguistiquement, au groupe uto-aztèque (en 1990, on comptait 19 000 personnes parlant la langue des Huichol).
Mais leur origine reste incertaine : peut-être sont-ils venus du nord à une époque qui remonterait bien avant la conquête ?
Représentant actuellement le niveau culturel des Aztèques avant la fondation de Mexico, cette population présente un intérêt tout particulier. À l'arrivée des Espagnols, les Huicholes luttèrent
longtemps pour conserver leur indépendance.
Ils cultivent le maïs, la courge et les haricots. Sur la terre communale défrichée, chacun choisit sa parcelle, qu'il travaille jusqu'à épuisement du sol. Les rancherías, petits hameaux,
constituent le groupe de base de la société, et dépendent, dans chaque district, d'un gros village, centre administratif et religieux.
Les Indiens vivent dans les rancherías pendant la saison humide qui est la saison des cultures ; pendant la saison sèche, ils se groupent dans le village central, dans des maisons de pierre aux
toits de palmes qui ne comportent qu'une seule pièce.
La religion huichol est un polythéisme ; chaque phénomène naturel est déifié et expliqué par la division entre sec et humide, division dont on retrouve le reflet dans toutes les activités du
groupe. Christianisés au XVIIe siècle, les Huicholes n'avaient plus ni prêtres ni églises au XIXe. Une assimilation d'éléments chrétiens s'est néanmoins opérée, et les Santos ont pris place dans le
panthéon.
L'association religieuse Cerf-Maïs-Peyotl donne un sens au complexe cérémoniel le plus important que célèbrent les Huichol : une fois par an, les hommes vont chercher, dans la région de San Luis
Potosí, le cactus sacré, le peyotl, qui pousse sur les traces que le premier cerf, Jiculi, a laissées en s'enfuyant. Le pèlerinage du peyotl demande un état de pureté absolu, et le retour des
peyotleros est marqué par des fêtes et tout un processus de désacralisation.
Le costume porté à cette occasion est chargé
de signification, et chaque ornement a un sens symbolique. Les Huicholes ont gardé un genre de vie très traditionnel qui apparaît clairement dans leur costume, richement décoré de broderies au
point de croix.
À la demande des marchands de Mexico et des grandes villes ils réalisent un nouveau type d'objets, comme les tableaux en fils de laine ou coton, inspirés des objets votifs que les Huicholes
déposaient naguère dans les grottes, en offrande à leurs dieux.
Source : Encyclopaedia Universalis
Auteur : Anne Fardoulis
L'art Huichol
chargé de symbolisme
Don Matsiwa Mijarez est un « homme de connaissance » huichol (c'est ainsi qu'il est désigné en langue espagnole) et son épouse Doña Amalia est guérisseuse.
Chaque année pendant plus de quarante ans, ils ont accompli, tous les deux, puis accompagnés de leurs fils et petits-fils, le pèlerinage jusqu'au désert sacré où pousse le peyotl-Hikuri, honorant
leur tradition, qui vénère le Père-Soleil, la Terre-Mère, le Grand-Père Feu, et le Frère Hikuri.
Doña Amalia la guérisseuse, chante durant la cérémonie - tout un jour et toute une nuit - dans sa langue maternelle. Don Matsiwa traduit les passes magiques au cercle d'apprentis, et partage son
savoir à travers son art.
Car au désert, Don Matsiwa a reçu plusieurs visions très précises qu'il a traduites exactement en tableaux d'estambre (fils de coton) et en sculptures de perles (chakiras).
Ces œuvres, qui racontent la genèse du monde, interprètent les lois cosmiques et symbolisent la hiérarchie de leurs esprits, doivent agir sur le spectateur à la manière des manadalas tibétains :
comme un miroir des structures énergétiques du corps.
La science de Don Matsiwa est dans son art, et il sait l'expliquer avec profondeur, humour, et humilité.
Les Huicholes
L’origine des Huicholes est incertaine, bien que des hypothèses aient été élaborées, basées sur des éléments linguistiques,
mythologiques et archéologiques.
Il est probable que les Huicholes descendent de différents groupes qui furent chassés dans la Sierra Madre Occidental.
Il est probable que quelques uns de ces groupes soient des tribus qui appartenaient à la famille uto-azteca et qui ont fui le
pouvoir d’un empereur mésoaméricain, dans la Sierra, où ils ont alors rencontré d’autres groupes déjà établis sur ce territoire.
Il est possible que dans les ascendants des Huichols il y ait quelques tribus teochichimecas (indiens du Nord).
Il est aussi possible que des groupes des terres basses de la côte se soient mélangés avec les ancêtres Huichols à différentes
époques. Apparemment, les ancêtres des Huichols ont maintenu une vie indépendante des grands empires.
Au moment de la Conquête, beaucoup de survivants des troupes espagnoles qui envahirent la zone, ont fui dans la Sierra. Cette
dernière, par son accès difficile, ne fut pas conquise. Ses alentours se sont peuplés durant la dernière décennie du XVI ème siècle et au début du XVII ème siècle.
Les villages de Colotlán, Mezquitic, Huajimic, Huejuquilla et Tenzompa ont été fondés par les espagnols comme frontières pour
délimiter le territoire conquis.
La période de l’Indépendance a été la scène de nombreuses récupérations des terres suite
En 1887, le gouvernement de Porfirio Diaz a tenté à nouveau de délimiter les terres, ce qui a provoqué des affrontements entre
les communautés elles-mêmes.
La Révolution apporta une période de violence dans la Sierra, qui a vu les avancées de différents groupes armés. Bien que les
Huicholes ne se soient alliés à aucune bande en particulier, la situation est devenue chaotique.
La guerre cristera marque une autre période de violence dans la zone.
Actuellement les Huicholes continuent de défendre leurs terres des abus et invasions des métisses (de sang indien mêlé a du sang
espagnol, soit la majorité des mexicains) ou d’autres indigènes de la Sierra qui exercent une constante pression pour profiter des ressources de leur terre.
Les tableaux en fil de coton
tableaux en perles et autres formes d'artisanat